Bâtonnat Paris 2020 : interview de Jean Balan

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jean balanLe Monde du Droit a interrogé Jean Balan, candidat au bâtonnat du barreau de Paris pour le mandat 2020/2021.

Pourquoi vous présentez-vous ?

Parce que j'ai ma conception du rôle du bâtonnier qui est différente de celle des autres candidats. J'offre un choix.

Quels sont les principaux axes de votre programme ?

J'ai un seul axe. Je le développe dans ma profession de foi. Pour faire court, je pense que le bâtonnier de Paris doit avoir un rôle essentiellement politique. Les charges administratives dans leurs aspects multiples peuvent être déléguées aux membres du Conseil de l'Ordre (MCO) qui ne manquent ni de talent, ni de compétences, ni d'énergie, ni de volonté.

Quels sont les dysfonctionnements à l'Ordre ? Que proposez-vous comme solution(s) ?

Il n'y a pas à proprement dire de dysfonctionnement de l'Ordre. Donc toutes les propositions faites, comme depuis longtemps, toujours les mêmes, d'améliorer le fonctionnement de celui-ci n'ont, à mes yeux, plus beaucoup de sens. Sauf électoral. L'Ordre fait tout son possible pour améliorer la vie des avocats. Dans la mesure des possibilités qui sont malheureusement réduites.
Le problème est qu'on a perdu, notamment après la fusion, toute influence sur notre société, du législateur à l'opinion publique. On n'est plus des avocats bâtisseurs, piliers du temple mais des commerçants du droit.
Les avocats, donc l'Ordre, ne tiennent plus la barre d'un bateau dans la tempête du monde actuel. Mais naviguent là où les vents de l'air du temps les amènent.
On ne crée plus la musique. On danse sur les sens qu'on vous impose. Mais en bon commerçants, tant que les affaires marchent cela ne changera plus.
Ce n'est pas ma conception. Mais je suis conscient que la marche arrière n'est plus possible, notamment depuis que la technologie remplace l'humain.
Donc, je propose une solution pour retrouver, au moins en partie, notre vocation, notre rôle, notre mission.
Empêcher que les choses empirent.
On assiste aujourd'hui à une tendance, organisée, bien conçue, d'émergence d'un « gouvernement » des juges. Or, il y a rien de pire dans une démocratie.
D'où ma conception d'un rôle essentiellement politique du bâtonnier de Paris.
Qui peut mieux, par son statut, par sa légitimité issue du vote, dénoncer cette dérive de certains magistrats ?

Qu'avez-vous de plus que les autres candidats ?

Je n'ai rien de plus que les autres candidats. Au contraire. Ils sont jeunes, plein d'énergie, avec des équipes de campagnes structurées, avec des réseaux amicaux ou autres. Tout simplement, je suis différent. J'ai ni plan de carrière, ni aucun désir d'avoir une nouvelle clientèle, ni même une envie particulière de devenir bâtonnier. Je n'ai pas besoin de plaire. Je n'ai pas besoin de faire de promesses. J'ai simplement un message à faire passer. Il sera entendu ou pas, cela ne dépend plus de moi.

Arnaud Dumourier (@adumourier)