UTILISATION DES COOKIES : en poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation personnalisée, des publicités adaptées à vos centres d’intérêts et la réalisation de statistiques. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici 

Isabelle Armand et Robert Follie : « Nous souhaitons assurer l’adaptation de tous aux évolutions de notre métier »

Interviews
Outils
TAILLE DU TEXTE

Le Monde du Droit a interrogé Isabelle Armand et Robert Follie, avocats candidats aux élections au Conseil de l'Ordre de Paris 2018. 14 nouveaux membres du conseil de l’Ordre pour un mandat de 2019 à 2021, par binômes paritaires, une femme, un homme seront élus à l'issue des élections des 4 et 6 décembre 2018.

Pourquoi vous présentez-vous ?

RF : En devenant bâtonnier, Marie-Aimée Peyron avait souhaité que je la rejoigne, mettant en avant mes caractéristiques d'avocat entrepreneur mais aussi de gestionnaire.
Assumant dans mon cabinet Holman Fenwick Willan (HFW) une fonction au board mondial au sein duquel je suis responsable de l'activité Énergie (c'est à dire l'ensemble du droit des affaires, contentieux et conseil) recouvrant une équipe de 35 associés de nationalités différentes dans 20 pays depuis l'Australie jusqu'au Moyen Orient, j'ai du attendre un peu. Cette fonction va s'achever ainsi que celle d'Associé-Gérant du cabinet à Paris, à ma demande, voulant assurer la rotation des fonctions.
Ainsi, cette élection est pour moi le moment naturel pour me tourner encore plus vers la Profession afin de partager mon expérience acquise de la gestion au sein de la Place de Paris.
Je me présente en tant qu'homme de challenges professionnels, libre et indépendant comme doit l'être tout avocat tout au long de sa carrière aux côtés aux côtés d’Isabelle Armand avec qui je partage des visions communes pour notre profession.

IA : Notre binôme est effectivement en phase avec le diagnostic de notre profession. Robert et moi avons une complémentarité qui nous permet d’analyser de façon pragmatique la situation du Barreau de Paris. Nous possédons également des arguments forts, fondés sur des expériences personnelles solides. Nous sommes en mesure de faire avancer les débats et contribuer à améliorer le quotidien des avocats parisiens, quels que soient leur profil, leur expérience, leur compétence…
Un Barreau fort est un Barreau solidaire qui tire tout le monde vers le haut !
Après plus de 15 ans d’expérience au sein de plusieurs structures comme responsable du département contentieux, j’ai pu appréhender et comprendre les problématiques rencontrées par les avocats à Paris, qu’ils soient collaborateurs, stagiaires ou associés. Fondatrice de mon cabinet voici 13 ans, j’attache une attention particulière à l’humain ; être candidate aux élections du Conseil de l’Ordre est donc pour moi un acte logique et incontournable, car je veux défendre les valeurs de l’avocat, me battre pour une profession forte, correctement formée et qui entreprend !

Quels sont les principaux axes de votre programme ?

IA : Notre connaissance du métier sous toutes ses facettes. Elle est la conséquence de nos parcours : être à la fois entrepreneurs et fédérateurs de talents.
Ancien membre de la Commission Permanente de l’UJA, et intervenant à l’École de Formation du Barreau, je suis très impliquée dans la formation et l'accompagnement de nos futurs confrères.
Avec Robert, nous souhaitons assurer l’adaptation de tous aux évolutions de notre métier.
Cet objectif réclame, par exemple, une intégration régulée du numérique et la maîtrise des nouveaux outils. Ces avancées nécessaires permettront d’élargir notre champ d’action et de moderniser nos prestations dans le futur.

RF : Nous souhaitons mettre notre engagement au bénéfice de la poursuite de l'ouverture de notre Profession aux autres métiers tout en respectant nos valeurs déontologiques et notre serment d'humanité qui nous est propre.
J'ai toujours eu à cœur d'assister mes confrères, qui s'en souviendront, à l'installation dans de nombreux contextes structurels mais également face aux difficultés, d'assister à l'intégration des nouveaux secteurs comme les nouvelles technologies, et notamment les LegalTechs et d'assister au regroupement avec d'autres professions. Cette assistance a toujours été tournée vers l'objectif de rayonnement des activités et de notre Profession qui doit être plus collaborative et plus ouverte. Ce rôle pivot de l'Ordre est un aspect que nous affectionnons avec Isabelle et que nous saurons endosser dans le respect de notre déontologie et du secret professionnel notamment.
Un autre point essentiel de notre programme est de contribuer à ce que Paris soit LA place du Droit.
Mon expérience internationale peut être utilisée dans nos efforts pour Paris place du droit.
En effet, tout ce qui a été entrepris notamment l'installation de la Chambre Internationale de la Cour d'Appel de Paris, le renforcement de Paris place internationale d'arbitrage doit être poursuivi car il s'agit d'une source d'emplois et de pratiques pour tous ces jeunes avocats qui, bien plus conscients des enjeux internationaux que leurs aînés, attendent légitimement de nous de pousser les murs du champ des pratiques du droit.
Notre socle déontologique, qui reflète une règle ordinale inspirée dans le plus vieil État de droit en Europe, est un joyau que l'Ordre se doit de protéger.

Quels sont les dysfonctionnements à l'Ordre ? Que proposez-vous comme solution(s) ?

RF : Lors de toutes les fonctions de management qui m’ont été confiées au sein également des boards mondiaux de Lovells et HFW ainsi que dans la vie civile (je suis président de l'Établissement Public du Parc de Maisons-Laffitte), j'ai toujours eu pour attitude l'écoute et l'observation avant la critique. A ce jour, je me garde donc d'avoir et de partager un avis sur des soit disants “dysfonctionnements“ de l'Ordre. Un peu de respect pour l'action de nos prédécesseurs ne fait jamais de mal même si cela n'est pas à la mode dans notre société.
Bien sur, toute institution ou organisation est par nature perfectible si elle veut s’adapter aux contraintes qui évoluent en permanence mais il s'agit justement d'un travail collégial du quotidien.

Par contre, je peux dire à ce stade en tant que candidat et avocat ayant bien des années d'exercice que je souhaite un Ordre recentré sur ses fonctions essentielles, ce qui est d'ailleurs l'effort entrepris. Un Ordre est là pour l'ordre (si vous me permettez cette tautologie !).
De l'ordre dans la profession : la réaction au mauvais comportement d'un confrère doit être ferme et rapide, car c'est l'ensemble de notre Profession qui en souffre ; jusqu'à l'Ordre à sa périphérie : nous devons traiter sans tarder des sujets tels que les plateformes numériques donnant des ersatz d'assistance juridique, trompeurs et sans valeur ajoutée.
A ce sujet, l'opinion publique doit être éduquée sur l'importance de conseil et d'assistance juridique rendus par des professionnels qualifiés et responsables.

IA : Je rejoins Robert, l’Ordre fonctionne ! Nous voulons contribuer à apporter, pour nos Confrères, toute l’efficacité que nous mettons à traiter au quotidien nos dossiers pour nos clients depuis plus de 20 ans.

Qu'avez-vous de plus que les autres candidats ?

RF : Pour ma part, même si j'ai une petite idée sur la question, ce n'est pas à moi de le dire mais à mes quelques trente mille confrères de se déterminer par rapport à la conception qu'ils se font de notre Ordre.
Avec Isabelle, nous ne leurs dirons pas comment voter, trop soucieux de leur liberté de parole et d'esprit qui conduit notre vie personnelle et professionnelle, mais nous leur disons simplement de voter car l'indifférence est un poison lent qui tue les institutions que chacun souhaiterait pourtant avoir à ses côtés dans l'adversité.

Propos recueillis par Arnaud Dumourier (@adumourier)