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Barthélémy Faye, Cleary Gottlieb Steen & Hamilton

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Barthélémy Faye- Avocat - Cleary Gottlieb Steen & Hamilton

Parcours peu ordinaire que celui de Barthélemy Faye, avocat associé du cabinet Cleary, Gottlieb, Steen & Hamilton. Parcours fait d’une accumulation, tel un besoin, d’expériences formatrices autant que brillantes.

Arrivé en France en 1988 après un baccalauréat obtenu au Sénégal, Barthélemy Faye commence par accumuler les formations, les meilleures : classes préparatoires au lycée Louis-Le-Grand, Ecole Normale Supérieure, agrégation de philosophie. «  Par intérêt purement intellectuel, j’ai commencé parallèlement à faire du droit » explique Barthélemy Faye. « Je voulais alimenter une réflexion philosophique. »

Ce sera une maîtrise de droit des affaires à l’université Paris II, puis un LL.M. à Yale Law School. « Je travaillais alors sur les fondements philosophiques des sciences humaines. Ce master en droit à Yale a été pour moi, une manière d’étudier de façon approfondie une des sciences humaines » poursuit Barthélemy Faye.

Formations auxquelles s’ajoute l’enseignement. Pendant trois ans, Barthélemy Faye enseigne la langue et la littérature françaises à l’Université d’Harvard, puis la philosophie à l’Université de Reims et d’Aix-Marseille.

C’est une rencontre avec le cabinet Cleary Gottlieb sur le campus de Yale, qui conduit progressivement Barthélemy Faye à devenir avocat. « En tant qu’africain, on est exposé au défi permanent du développement, une question en forme de lame de fond. Cleary Gottlieb a une solide expérience en matière d’accompagnement des gouvernements et des acteurs économiques des pays en développement d’Amérique latine et d’Asie du sud-est » indique Barthélemy Faye. « En intégrant, à New York, le cabinet Cleary Gottlieb, j’avais le sentiment que cette formation m’aiderait à répondre à la question comment contribuer au développement de l’Afrique à court ou moyen terme. »

Avocat au barreau de New York, Barthélemy Faye rentre en France en 2002 « pour se rapprocher de l’Afrique ». Il rejoint l’équipe de Jean-Pierre Vignaud, associé de Cleary Gottlieb en charge de l’Afrique au bureau de Paris.

Les dossiers et les clients se succèdent. Etats africains, investisseurs français ou indiens, fonds d’investissements basés en Europe, aux Etats-Unis ou en Afrique … Barthélemy Faye conseille notamment les gouvernements du Congo et de la Côte d’Ivoire pour la réduction de leurs dettes et négocie pour ArcelorMittal un investissement industriel de 2 milliards de dollars au Sénégal dans le domaine minier, portuaire et ferroviaire.

« Cette position me permet d’aller à la rencontre des acteurs économiques du continent. C’est intéressant à la fois sur le plan des opportunités professionnelles et sur le plan personnel comme africain préoccupé par le développement » souligne Barthélemy Faye.

Car il y a toujours et encore cette question, lancinante, que tout jeune africain à l’étranger se pose lorsqu’il réussit dans ses projets et connaît le succès professionnel. « Je commençais à être rattrapé par un sentiment de responsabilité vis-à-vis de mon pays et de ma société d’origine » reprend Barthélemy Faye. « La question se pose d’abord de façon très simple, est-ce qu’on rentre, est-ce qu’on reste ? Il ne s’agissait pas juste de répondre aux pressions ou aux attentes. Pour moi, il y avait autre chose de plus fort, cela devenait une ambition, pour soi, son entourage, sa société ».

Se projeter dans l’avenir, voir comment utiliser cette formation humaine, professionnelle et intellectuelle à d’autres fins, matérialiser un jour cette ambition dans une forme d’action et d’engagement comme acteur politique ou économique pour faire bouger les choses.

Et la philosophie dans tout çà ? «Pour s’engager dans la philosophie, il faut aimer l’écriture, le débat d’idées. Ce que j’ai conservé de mon parcours antérieur, c’est le goût pour les livres, que je cultive lorsque j’ai le temps et vers quoi j’aimerais revenir plus tard » indique Barthélemy Faye, pour qui le passage de la philosophie au droit n’est pas une démarche naturelle, tant les modes de pensée sont différents.

« Je ne pense pas pouvoir dire que ma formation de philosophe a facilité mon apprentissage du métier d’avocat ». Pour Barthélemy Faye, il y a dans la réflexion juridique la nécessité de prêter attention au détail, ce qui, chez le philosophe, peut gêner l’appréciation de ce qu’il considère comme l’essentiel. La philosophie est la science des principes, réduire les apparences pour en déduire l’essentiel. La méthode du juriste consiste à approfondir tous les aspects du dossier pour ne rien laisser au hasard et ne pas perdre de vue des détails dont les conséquences peuvent s’avérer essentielles pour le dossier.

« Les choses de l’esprit ne sont pas cloisonnées. Ce qui est déterminant c’est la qualité de la formation reçue, la méthode, le sens de la rigueur, l’exigence intellectuelle, la finesse d’analyse, autant pour les détails que pour les principes » conclut Barthélemy Faye.

Le droit comme mode de formation et d’expression. Le droit aussi comme mode d’échange et d’information. C’est ainsi que Barthélemy Faye avance, et accumule, pour servir d’autres missions, plus larges, plus tard.