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Claudia Chemarin, DS Avocats

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Claudia Chemarin - Avocate - DS Avocats

Ces derniers mois, elle conseillait France Télécom, pris dans la tourmente des suicides de collaborateurs. Elle accompagnait aussi la société Loomis, employeur du convoyeur de fonds Tony Musulin. Le Monde du Droit a rencontré Claudia Chemarin-Maisonneuve, avocate pénaliste au sein du cabinet DS Avocats, qui nous livre ses réflexions sur sa pratique du droit pénal des affaires et son sentiment sur la place des femmes dans cet univers réputé masculin.

Pouvez-vous nous rappeler brièvement votre parcours ?  Comment avez-vous été amenée à vous spécialiser en droit pénal des affaires ?

 A l'issue d'une formation en droit public des affaires, j'ai été amenée à effectuer un stage auprès d'un cabinet pénaliste de renom et j'y suis finalement restée trois années aux cours desquelles je me suis découvert une vraie passion pour la défense pénale.

Je n'étais donc pas prédestinée à exercer dans cette spécialité mais à compter du moment où j'ai découvert le métier de pénaliste, j'ai su qu'il n'y aurait jamais une autre voie.

Ensuite j'ai intégré le cabinet DS AVOCATS dans lequel je suis aujourd'hui associée et j'y ai développé  l'activité de droit pénal et créé un département dédié qui compte aujourd'hui trois avocats.

Quelles qualités faut-il avoir pour être un bon pénaliste ?

 Il faut avant toute chose être passionné. L'avocat pénaliste a comme tout avocat une compétence technique, mais il doit en outre avoir la passion de défendre, le goût des autres, l'envie de les accompagner dans les moments les plus délicats.

Il doit par ailleurs savoir rassurer la personne dont il assure la défense, car les enjeux dépasse souvent l'appréciation du seul risque juridique, et peuvent toucher à l'intime. Plus généralement, l'exercice de la profession d'Avocat requiert  de la rigueur et beaucoup de travail.

Quelles sont les difficultés inhérentes à cette pratique ? et les sources de satisfaction ?

Au delà des compétences techniques que doit avoir tout avocat, la matière pénale requiert une disponibilité permanente qui ne connaît aucune interruption et la capacité de répondre instantanément à toutes les angoisses que peuvent générer des poursuites pénales. Cette matière suppose d'établir une relation de confiance forte avec ses clients puisqu'ils vous confient des dossiers qui vont bien au delà de leur activité professionnelle et qui auront potentiellement une répercussion sur leur vie privée. Ceci engendre autant de difficultés que de satisfactions.

Vous êtes intervenue récemment sur des dossiers très médiatisés, qu’est-ce que cela a changé pour vous ?

Mon intervention dans des dossiers qui sont devenus médiatiques n'a rien changé dans mon exercice professionnel. La médiatisation des dossiers génère surtout une pression supplémentaire pour les clients que je défends mais ma place à leur côté reste la même et je le s assiste comme je peux le faire dans tous les autres dossiers qui en matière pénale, sont toujours importants et sensibles pour ceux qui y sont confrontés.

Pourquoi selon vous y a-t-il si peu de femmes pénalistes ?

De nombreuses femmes exercent une activité pénale. Toutefois, une forte proportion d'entre elles n'en a pas fait une spécialité. Elles sont également moins connues du grand public que certains de leurs confrères masculins, car moins médiatisées à l 039;occasion des procès que relaie la presse. Cela tient, notamment, à la disponibilité de chaque instant qu'exige cet exercice et que beaucoup de femmes ne souhaitent peut-être pas consacrer à leur exercice professionnel.

En outre, on ne peut pas exclure qu'au moment de choisir son avocat dans des affaires aussi impactantes que les affaires pénales, certains aient encore naturellement le réflexe de confier leurs intérêts de préférence à un homme, que l'on on pensera peut-être plus solide, davantage écouté par le monde judiciaire. La confiance se gagne peut-être plus difficilement pour les femmes mais aussi plus durablement je pense.

Quelle est la place des femmes au sein de DS AVOCATS ?  La parité existe-t-elle dans votre cabinet ?

DS AVOCATS compte 10 femmes associés pour 15 hommes, ce qui équilibré. Mais au-delà de ces considérations, DS AVOCATS est avant tout un cabinet d'avocats de souches, partageant les mêmes valeurs.  Indépendamment de la parité DS AVOCATS est surtout un cabinet qui laisse à ses membres une pleine liberté d'entreprendre. Je suis une femme, j'ai 40 ans et j'ai pu créer au sein de ce cabinet une activité autonome et y devenir associée.