Le marché des fusions-acquisitions reste dynamique

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Le marché des fusions-acquisitions dans le monde continue de faire preuve de dynamisme malgré l’augmentation des risques géopolitiques.

Le dernier rapport M&A Insights du cabinet Allen & Overy montre que Le marché des fusions-acquisitions reste dynamique. Si la valeur totale des opérations diminue, leur nombre a poursuivi sa progression régulière grâce à la multiplication des opérations de 1 à 5 milliards USD (le nombre d’opérations de cette taille ayant augmenté de 19 % par rapport à 2016). Dans le même temps, le nombre de « méga-transactions » (de plus de 5 milliards USD) a baissé de 13% par rapport à 2016.

« Le marché des fusions-acquisitions reste remarquablement robuste face aux nombreuses incertitudes politiques. Les investisseurs sont rassurés par un certain nombre de puissants facteurs fondamentaux : la solidité de la trésorerie des entreprises, la vigueur des marchés d’actions et l’accès toujours aisé au financement de la dette, malgré la remontée graduelle des taux d’intérêt sur certains marchés clés. De nombreuses entreprises sont ressorties en meilleure santé de l’après-crise, et dotées d’une nouvelle orientation stratégique », explique Frédéric Moreau, associé d’Allen & Overy à Paris. 

Sur le plan géographique, les Etats-Unis, comme plusieurs autres grands marchés, enregistrent une forte baisse du montant des opérations en 2017, avec une chute marquée de 26 % par rapport au 4ème trimestre 2016, mais le nombre d’opérations se dirige vers un chiffre record, en hausse de 13 % par rapport au dernier trimestre de l’an dernier. On observe la situation inverse en Europe occidentale, avec des montants en hausse de 34 % et des volumes en baisse de 10 %, qui reflètent une activité intérieure et internationale toujours solide.

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Par ailleurs, le rapport met en exergue le boom des opérations de fusions-acquisitions en Italie, qui a propulsé ce pays au sixième rang du classement des cibles transfrontalières et à la huitième place des 20 pays les plus acheteurs. Paolo Ghiglione, associé à Milan, impute ce succès à la prédominance des opérations de plus petite taille au cours des derniers mois : « Le dynamisme du secteur des entreprises industrielles de taille moyenne suscite un fort intérêt de la part des investisseurs étrangers. Les investisseurs chinois et japonais en quête d’accès aux marchés, de technologies, de chaînes d’approvisionnement et du cachet de l’étiquette « Made in Italy » sont particulièrement actifs dans les secteurs de la mode, des produits de luxe, de l’automobile et du design industriel ».

La question de la réglementation et de la surveillance des données devient un facteur clé de valorisation des opérations. Selon Jane Finlayson-Brown, associée à Londres, cet aspect rend les analyses juridiques détaillées de plus en plus importantes dans la phase de due diligence des opérations de fusion-acquisition : « Les données représentent un produit de base de plus en plus important et les acteurs du marché sont aujourd’hui confrontés à une combinaison inquiétante de fréquence accrue des fuites de données, de sensibilisation plus importante du public et de durcissement marqué des réglementations relatives au stockage et à la protection des données. Ces aspects auront une incidence croissante à l’avenir sur la valeur des opérations et leur réussite ».

Endin, le rapport se penche également sur la santé numérique et sur la question de savoir si l’adoption de technologies « disruptives » - mais nécessaires- par les grandes sociétés pharmaceutiques, entrainera un mouvement de fusions acquisitions et de plus forte collaboration au sein du secteur.